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Eruption de l'an 79

L'éruption du Vésuve débuta dans la nuit du 24 au 25 Août 79 après JC. Dix heures plus tard, Pompei ainsi que la ville d'Herculanum sont entièrement ravagées par une des catastrophes naturelles les plus marquantes observées par l'homme. Ce phénomène occupe une place particulièrement importante dans l'histoire , l'histoire des sciences et de la volcanologie,  car il a donné naissance à une source d'informations  très détaillées sur la vie romaine et parce qu'il est le premier phénomène naturel décrit par un scientifique : Pline le Jeune.

Dans cet article, nous allons nous pencher sur la fameuse éruption de 79 en  nous appuyant particuièrement sur le précieux témoignage historique de Pline le Jeune, les interprétations des hommes face à ce cataclysme et sur les moyens de prévention de l'Antiquité.


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Jeudi 19 février 2009

Chronologie


VIe siècle av. J.-C. :
- Fondation de Pompéi, par un regroupement de plusieurs villages osques (anciens peuple d'Italie).
Pompéi devient une colonie grecque. Les Grecs introduisent le culte d'Apollon (construction du temple d'Apollon, construction du temple dorique sur le forum triangulaire). Pompéi n'est qu'une base pour contrôler les débouchés de l'arrière-pays, très fertile.

 

 
VIe-Ve siècle av. J.-C. : occupation étrusque (peuple d'origine Toscane qui s'est étendu en Campanie)


Ve siècle av. J.-C. : la ville est conquise par les Samnites.


Fin du Ve siècle av J.-C. : reprise du contrôle de la ville par les Grecs. Restauration des temples, développement d'un quartier au plan géométrique, construction de murailles autour de Pompéi.

Ve-Ier siècle av. J.-C. : les Samnites renforcent les murailles de Pompéi, pour se protéger des villes voisines et de la puissance de Rome.

424 av. J.-C. : conquête de Pompéi par les Samnites. L'osque redevient la langue officielle langue commune aux plus anciens occupants, les Osques, et aux nouveaux occupants, les Samnites.


341 av. J.-C. : Pompéi s'allie à Rome.


300 av. J.-C. : le schéma urbain est tracé.


Ier siècle av. J.-C. : Pompéi devient totalement romaine.

62 apr. J.-C. : en février, une partie de la cité est détruite par un séisme. Tout le monde pense à cette époque là que le Vésuve est éteint pour toujours.


79 apr. J.-C. : le 24 août, éruption du Vésuve. Pompéi est recouverte par des nuées ardentes. L'éruption créa une gaine protectrice sur le site et provoqua l'oubli de la ville pendant 1 600 ans.



       

                                                        Emplacement de Pompéi par rapport au Vésuve


Pompéi : une ville de Campanie prospère en 79

Arrière-pays du golfe de Naples, la plaine campanienne, d'une richesse unique en Italie, à la fois par la quantité de sa « terre noirâtre » et par son microclimat, attira très tôt l'installation des populations.
Au Ier siècle, les grandes exploitations voisinent avec les propriétés viticoles plus moyennes, qui fournissent le vin de Falerne, que se doit d'offrir toute bonne table. L'abondante
production agricole est exportée par la mer et alimente les marchés des nombreuses villes peuplées et industrieuses du littoral, comme Pompéi. La ville bénéficie de tous les bienfaits du Vésuve évoqués dans la première partie.
Pompéi est construite près de l'embouchure du fleuve Sarno (sud-est) dont la navigabilité fait de la ville un port. La situation élevée de la ville construite sur un plateau (33 m) en fait un poste stratégique pour la surveillance du déplacement des navires dans la baie de Naples.
Au moment de sa destruction, la ville s'étend sur 66 hectares et « déborde » de ses
murailles. En bordure de mer (ou à l'embouchure du Sarno) , son port, très actif, commerce avec les villes de Méditerranée. L'éruption du Vésuve modifie complètement l'aspect de la côte ; pinèdes et salines qui accueillaient de nombreux oiseaux aquatiques disparaissent: la mer est à presque 2 km, le port a disparu.


                                  
                                                             Forum de Pompéi                                            

                               
                                            Le grand théâtre de Pompéi


 

Les moyens de prévention de l'époque

La cité a été bouleversée en plein hiver de l'an 62 par un tremblement de terre et toute la contrée avoisinante a subit le même fléau. Une grande partie des édifices de la ville a été endommagée. Pompéi n'est pas totalement relevée de cette catastrophe en 79 : en effet la plupart des édifices publics et privés est encore en phase de consolidation et de restauration lors de l'éruption.
En l'an 70 la cité subit une série de secousses telluriques : une partie des habitants - en particulier ceux qui ont peur qu'un séisme de reproduise - quittent la ville pour des lieux plus sûrs, vendant leurs possessions à très bas prix à des habitants qui acquièrent ainsi de grandes propriétés. Certains des riches propriétaires de villas suburbaines ou de demeures en ville ont fuit la fournaise de la cité pour la fraîcheur du rivage ou des flancs du volcan, à une vingtaine de kilomètres.
A cette époque, les hommes ne connaissaient pas les phénomènes volcaniques qui peuvent causer des dégâts considérables. Par conséquent les habitants des alentours du Vésuve n'imaginent pas que cette "montagne" puisse exploser et entraîner un tel cataclysme, ils ignorent les significations de ces secousses telluriques. Ils ont été surpris et totalement impuissants face à cette éruption. Les moyens de prévention de cette époque étaient quasiment inexistants. 

 


 


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Jeudi 19 février 2009

La grande éruption du Vésuve


Le réveil inattendu du volcan :


Au théâtre, vieux de trois siècles, se presse une foule populaire, ravie d'applaudir ses acteurs favoris et d'oublier un moment les bruits étranges qui résonnent depuis quelques jours. Soudainement, le bouchon de lave qui obstrue le cratère du Vésuve depuis des millénaires explose. Ensuite se forme la colonne éruptive constituée de cendres, de gaz et de pierres ponces et de forme dite "en champignon" ou "en pin parasol". Les matériaux éruptifs jaillissent du cratère et amenés par un fort vent de sud-ouest, Pompéi est  directement attaquée par une pluie de lapilli et de fragments de pierre et cela presque sans arrêt jusqu'au lendemain matin. L'accumulation des pierres ponces provoque la chute des toits et fait énormément de victimes. Les incendies se déclarent... tout devient enfer...Un linceul de cendres volcaniques commence à recouvrir la ville. Les coulées pyroclastiques constituées de roches en fusion et de cendres dévalent la pente du Vésuve.

A Herculanum, les habitants croient s'échapper en fuyant vers la mer. Ils sont rattrapés et noyés sous un torrent de boue de 18 mètres d'épaisseur. Beaucoup de Pompéiens courent aussi à travers les nuées et les cendres, inventant des protections de fortune. Mais ils étaient bientôt asphyxiés par les vapeurs sulfureuses. D'autres, se souvenant du séisme de 62, se réfugient dans les caves et autres abris voûtés,
où hommes et bêtes connaissent le même tragique destin.


Le scénario d'une catastrophe, 24 août 79 ap JC :

9h30 : A Pompéi florissante cité romaine établie sur les flancs du Vésuve, tout est calme malgré d'inquiétants grondements qui monte du volcan, à ce moment là tout le monde pense que le Vésuve est pour toujours éteint.
10h00 : Un fracas épouvantable retentit. Le bouchon de lave durcie qui retenait les gaz dans la cheminée volcanique vient de sauter. La lave est donc projetée à des milliers de mètres d'altitude. Le Vésuve entre alors en éruption.
10h15 : La lave retombe en pluie de pierres ponces.
11h00 : Un énorme brouillard de cendres, poussé par le vent et une pluie torrentielle, s'abat soudain sur Pompéi. C'est la panique, certains habitants fuient vers la mer, tandis que d'autres cherchent refuge dans les caves. La plupart des Pompéiens périssent, asphyxiés par les vapeurs sulfureuses.
13h00: Après 3h d'éruption le volcan se rendort... Pompéi a alors disparu et a été recouverte par une couche de 5 mètres de cendres. La ville est détruite et engloutie définitivement.
Il est estimé que par des instants pendant l'éruption la colonne de cendre était haute de 32 km. Près de 4 km3 de cendres ont recouvert la ville jusqu'au 27 août. Pompéi fut abandonnée et son emplacement oublié...

 

Lettre de Pline le Jeune


Des informations assez détaillées sur l'éruption nous sont parvenues grâce à deux lettres que Pline le Jeune, âgé de 17 ans lors de la catastrophe, a écrites à son ami, l'historien Tacite. Cette lettre constitue le premier témoignage historique d'une catastrophe naturelle. Celui-ci avait demandé des détails sur la mort de son oncle, Pline l'Ancien, survenue lors de l'éruption "afin d'en transmettre fidèlement le récit à la postérité ".

Ce témoignage écrit est le premier document historique concernant un volcan. Du fait que Pline le Jeune en a livré une description quasi-scientifique, ce type d'éruption est désormais qualifié de
'plinienne'. Le jeune Pline n'assista donc pas directement à la catastrophe mais observa les phénomènes depuis le Cap Misène, à l'extrémité nord de la Baie de Naples, où il résidait avec son père adoptif.

Pline décrit les phénomènes géologiques comme suit :


" La nuée s'élançait dans l'air, sans qu'on pût distinguer à une si grande distance de quelle montagne elle sortait. L'événement fit connaître ensuite que c'était du Mont Vésuve. Sa forme approchait de celle d'un arbre et particulièrement d'un pin : car s'élevant vers le ciel comme sur un tronc immense, sa tête s'étendait en rameaux [...] Il paraissait tantôt blanc, tantôt sale maculé, selon qu'il était chargé de cendre ou de terre...  "La nuée descendait sur la terre couvrait la mer."

Pline évoque aussi ce qui se passe près du volcan :

" une cendre plus épaisse, plus chaude ", " des éclats de rochers, brûlés et calcinés par le feu " [...] et les éruptions du volcan obstruaient le rivage". " Les habitants essaient de s'échapper par la mer mais doivent attendre " un vent moins contraire " et une mer plus favorable car abaissée tout à coup, elle n'avait plus de profondeur."

"De plusieurs endroits du Mont Vésuve, on voyait briller de larges flammes et un vaste embrasement dont les ténèbres augmentaient l'éclat " [...] " des maisons de campagne abandonnées au feu " [...] ou " ébranlées par les effroyables tremblements de terre ". 


"À Misène, à une trentaine de kilomètres, les habitants commencent aussi à fuir en tout sens, car les maisons s'écroulent" et " la mer semblait refoulée sur elle-même et comme chassée du rivage par l'ébranlement de la terre ".[...]



"On entendait les gémissements des femmes, les vagissements des bébés, les cris des hommes ; les uns cherchaient de la voix leur père et leur mère, les autres leurs enfants, les autres leurs femmes, tâchaient de les reconnaître à la voix. Certains déploraient leur malheur à eux, d'autres celui des leurs. Ils y en avaient qui, par frayeur de la mort, appelaient la mort."

"Beaucoup élevaient les mains vers les dieux ; d'autres, plus nombreux, prétendaient que déjà il n'existait plus de dieux, que cette nuit serait éternelle et la dernière du monde."



"Enfin la traînée noire dont j'ai parlé s'éclaircit et s'évanouit à la manière d'une fumée ou d'un brouillard ; puis brilla le vrai jour, même le soleil, mais avec la teinte jaunâtre qu'il a lors des éclipses. Aux regards encore mal assurés, les objets s'offraient sous un nouvel aspect, couverts d'une cendre épaisse comme d'une couche de neige."


Pline le Jeune décrit cette catastrophe naturelle de l'éruption du Vésuve comme un véritable désastre et permet ainsi de dresser le premier témoignage historique d'une catastrophe naturelle.


                                                                                      
                                                                                   
Buste de Tacite
                                              


Interprétation de l'homme devant un tel cataclysme :

 

Ces heures de cauchemar évoquent aux témoins et aux victimes survivantes la conflagration de la fin du monde. L'événement traumatise les hommes de l'antiquité qui, faute d'explication scientifique, voient dans les catastrophes naturelles des signes de la colère divine ou de la fin d'un cycle cosmique (relatif au cosmos, à l'univers). Habitués aux tremblements de terre mais ignorant tout du volcanisme, ils ont négligé de fuir quand il en était encore temps.
« Voici le mont Vesbius, hier encore verdoyant et ombragé de pampres... C'était le séjour de Vénus...Tout a sombré dans les flammes : une lugubre cendre recouvre le sol et les dieux eux même auraient voulu que cela ne fût pas permis » (le poète latin Martial).

Les hommes ont donc été surpris par une telle catastrophe devant laquelle ils sont restés impuissants. Pompéi a disparu tragiquement.


 
La grande éruption du Vésuve


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Jeudi 19 février 2009

 

Redécouverte de Pompéi

Plus de 2000 personnes ont péri à Pompéi quand le Vésuve a enseveli la ville
romaine. L'éruption créa une enveloppe protectrice sur le site. Après la catastrophe, les autorités, au vue de l'importance des dégâts, estiment la reconstruction impossible. La ville ensevelie glisse doucement dans l'oubli... Au XVIIIème siècle, suite à une découverte due au hasard, les premières fouilles commencent et vont se poursuivre, de façon inégale, jusqu'à nos jours.
C'est en 1738 que des fouilles mettent au jour une ville intacte sous la couche de cendres solidifiées. Ainsi on redécouvre des maisons, des mosaïques, des fours à pains et plus bouleversant, des corps pétrifiés, figés dans leur fuite.


                          
                
SAIN Edouard (1830-1910) - scène de fouilles à Pompéi en 1865


Conservation de la ville


Les fouilles exécutées au XVIIIe siècle permirent d'exhumer une cité florissante, une ville intacte sous la couche de cendres solidifiées. C'est un précieux témoignage de l'urbanisme de l'Empire romain. Beaucoup d'informations sur ces habitants ont été recueillis grâce aux moules de plâtres les montrant au moment même de leur mort. Surpris par l'éruption du Vésuve, les habitants de Pompéi qui n'ont pas eu le temps de s'enfuir meurent asphyxiés par les émanations de gaz toxiques. Alors qu'ils fuyaient, la pluie de cendres et de pierre ponce qui est tombée de 10 à 13 heures s'est figée comme du ciment mouillé sur les corps qui se sont décomposer avec le temps laissant dans la roche compacte des formes en creux et des os.
Leurs corps ont été recouverts par de la cendre qui, en se solidifiant, a constitué des « moules ». C'est à l'intérieur de ceux-ci que les archéologues ont coulé du plâtre, obtenant ainsi l'exacte représentation des corps.
Nombreux sont les moules de gens dans leurs moments finaux. Le moule d'un chien est montré dans la photo ci-dessous. L'animal était enchaîné à un poste et lutta pendant des heures avant de succomber enfin à la cendre.
A l'heure actuelle, environ 3/5 de la ville ont été dégagés. De Pompéi, on a retrouvé des peintures, des fresques, des corps momifiés et de fabuleux vestiges archéologiques. On retrouve les repas et les outils à l'endroit où ils se trouvaient le 24 août 79. En coulant du plâtre dans les formes des corps restés en creux dans les cendres solidifiées, on reconstitue l'agonie des Pompéiens.

 


 


         

                                                 Moule d'un chien



            Corps figé dans la lave  


L'éruption de 79 a totalement surpris les habitants de Pompéi qui ignoraient que le Vésuve était un volcan qui pouvait être à l'origine de cataclysmes.
Au fil des siècles, les hommes ont été confrontés à des catastrophes semblables et ont tenté de s'adapter à ces phénomènes. Ils ont appris à prévoir les éruptions, à protéger les populations, afin d'éviter des pertes humaines considérables.


           
                                Le Vésuve en arrière plan des  r
uines de Pompéi



                             Diaporama sur la destruction de Pompéi




                                
                               


diaporama réalisé grâce au logiciel Windows movie maker



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